Newsletter associations, fonds de dotation, fondations
Taxe sur les salaires – abattement des associations étendu aux fonds de dotation
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 apporte une évolution très attendue. À compter de 2026, les fonds de dotation bénéficient de l’abattement sur la taxe sur les salaires, au même titre que l’ensemble des associations et autres organismes sans but lucratif (OSBL) à l’exclusion des fondations qui ne sont pas reconnues d’utilité publique, soit plus de 24 000 €.
Cette mesure permettra une réduction significative de la taxe sur les salaires d’un grand nombre de fonds de dotation. A titre d’exemple, l’économie pour un fonds de dotation qui emploie un seul salarié rémunéré annuellement 50 000 € est estimée à environ 6 000 € par an. Une avancée bienvenue pour renforcer la pérennité financière et la capacité d’action des acteurs de l’intérêt général en 2026.
Facturation électronique – qu’en est-il pour les associations ?
A l’approche des échéances concernant les obligations de recourir à la facturation électronique une petite mise au point s’impose pour les associations. La facturation électronique est une réforme qui concernera progressivement les entités assujetties à la TVA en France. S’agissant des associations, l’obligation et le calendrier varient principalement en fonction de leur assujettissement à la TVA.
Il existe fiscalement trois types d’association :
- Les associations à but non lucratif non assujetties à la TVA
- Les associations à but non lucratif avec activités lucratives accessoires
- Les associations à but non lucratif et assujetties à la TVA ou à but lucratif et assujetties à la TVA
Les associations à but non lucratif ne se livrant pas à des opérations à caractère onéreux ou lucratif
Si une association est à but non lucratif et qu’elle ne réalise aucune activité commerciale : elle n’est pas assujettie à la TVA et n’est pas concernée par la réforme (pas d’obligation de facture électronique, ni de transmission des données de transaction et de paiement). Elle n’a pas non plus d’obligation de recevoir des factures électroniques à compter du 1ᵉʳ septembre 2026.
Les associations à but non lucratif avec activités lucratives accessoires
Si une association est à but non lucratif et qu’elle réalise une activité commerciale mais que sa gestion est désintéressée, que ses activités commerciales ne concurrencent pas le secteur privé et que les activités lucratives représentent une part marginale du budget de l’association et sont d’un montant inférieur à 80 011 €, elle est alors considérée comme une assujettie non redevable de la TVA : elle n’est pas concernée par l’obligation d’émettre des factures électroniques, ni de transmission à l’administration des données de transaction et de paiement. En revanche, elle doit être en capacité de recevoir des factures électroniques de la part de ses fournisseurs à compter du 1ᵉʳ septembre 2026.
Les associations à but non lucratif avec des activités lucratives à titre principal
Si une association est à but non lucratif et qu’elle réalise des activités lucratives qui représentent la principale partie de ses ressources (ou avec des recettes lucratives peu importantes mais dont le montant est supérieur à 80 011 €), alors elle est assujettie à la TVA : elle est concernée par la réforme de la facturation électronique :
- Obligation de recevoir les factures sous format électronique à compter du 1ᵉʳ septembre 2026 : il sera nécessaire de choisir une plateforme agréée pour les réceptionner.
- Obligation d’émission de factures électroniques et/ou transmission des données de transaction et de paiement (ou e-reporting) pour celle qui n’est pas concernée par une mesure d’exonération spécifique :
- à compter du 1er septembre 2026 si elle est considérée comme une grande entreprise (GE) ou une entreprise de taille intermédiaire (ETI) ;
- à compter du 1er septembre 2027 au plus tard si elle est considérée comme une petite entreprise ou une entreprise de taille moyenne.
Les opérations qu’elle réalise entrent dans le champ de la facturation électronique ou du e-reporting selon la qualité du client de l’opération :
- si elle facture une entreprise assujettie à la TVA, alors la facturation électronique sera obligatoire selon son calendrier d’émission. En effet, l’obligation de facturation électronique concernera l’ensemble des transactions (vente et/ou prestations de service) réalisées entre des entités établies en France qui sont assujetties à la TVA dès lors qu’elles interviennent sur le territoire national ;
- si elle facture un non-assujetti ou un assujetti à l’international, l’opération fera l’objet d’une transmission des données de transaction (e-reporting de transaction) ;
- si l’association réalise des prestations de services, l’opération fera également l’objet d’une transmission des données de paiement (e-reporting de paiement), une fois que la prestation aura été payée.
Tableau récapitulatif de l’association
| Nature de l’activité de l’association | Activités et assujettissement | Obligation d’être en capacité de recevoir des factures électroniques | Obligation d’émettre une facture électronique (à destination de clients professionnels en France) | Obligation de e-reporting des données de transaction (si clients non assujettis par exemple des particuliers) | Obligation de e-reporting des données de transaction (si clients non assujettis par exemple des particuliers) |
| Association à but non lucratif ne se livrant pas à des opérations à caractère onéreux ou lucratif | Non assujettie à la TVA | NON | NON | NON | NON |
| Association à but non lucratif avec des activités accessoires | Gestion désintéressée et activités lucratives non prépondérantes et inférieures au seuil = Assujettie non redevable de la TVA | OUI | NON | NON | NON |
| Association à but non lucratif avec des activités accessoires | Gestion désintéressée et activités lucratives non prépondérantes et inférieures au seuil = Assujettie non redevable de la TVA | OUI | NON | NON | NON |
| Association à but non lucratif avec des activités accessoires | Gestion désintéressée et activités lucratives non prépondérantes et inférieures au seuil = Assujettie non redevable de la TVA | OUI | OUI | OUI | OUI |
Les prêts entre organismes sans but lucratif sont possibles mais sous conditions
Après des années d’attente l’article 8 de la loi n° 2024-344 du 15 avril 2024 avait autorisé les prêts entre organismes sans but lucratif (OSBL). Mais sans décret, la loi était inapplicable. Le mois d’août 2025 a été propice à cela avec la publication de 2 décrets d’application dont voici le résumé :
Décret n° 2025-779 du 7 août 2025 pour les prêts entre OSBL
Les prêts concernés peuvent être octroyés à titre accessoire à son activité principale par un organisme sans but lucratif relevant de l’une des catégories du 1° du 7 de l’article 261 du CGI (OSB) à un autre organisme relevant lui-même de l’une de ces catégories et sous réserve qu’il soit satisfait aux conditions suivantes prévues par le décret :
- Il est formalisé par un contrat de prêt approuvé dans les conditions fixées à l’article L. 612-5 du code de commerce (rapport spécial des conventions règlementées) ;
- Il fait l’objet d’une attestation établie par le CAC de l’organisme prêteur ou, lorsque celui-ci n’en dispose pas, par un EC, attestant du montant initial du prêt, du capital restant dû et du respect des règles qui le régissent ;
- Il ne place pas l’organisme emprunteur dans une situation de dépendance financière à l’égard de l’organisme prêteur ;
- Il est consenti pour une durée maximale de 5 ans et à un taux qui ne peut excéder le taux moyen de rendement des obligations […] ;
- Le montant total des prêts consentis par un organisme prêteur au titre d’un exercice ne peut être supérieur à 50 % de sa trésorerie nette disponible à l’ouverture de l’exercice concerné.
- La liste, les conditions et le montant de ces prêts sont retracés dans le rapport de gestion ou d’activité de l’organisme prêteur et, le cas échéant, dans l’annexe aux comptes annuels.
- L’attestation susmentionnée est annexée au rapport de gestion ou d’activité de l’organisme prêteur.
Décret n° 2025-780 du 7 août 2025 pour les prêts entre les OSBL ayant un lien entre eux
Pour les opérations de trésorerie entre organismes liés, les relations sont avérées par l’existence d’une gouvernance en tout ou partie commune, par l’établissement volontaire ou obligatoire de comptes combinés, par l’existence d’une convention commune de gestion, par l’appartenance à un même réseau d’associations ou par le recours aux mêmes statuts-cadres obligatoires.
- Les opérations de trésorerie doivent satisfaire à l’ensemble des conditions fixées par le décret :
- Elles sont formalisées par une convention de trésorerie approuvée dans les conditions fixées à l’article L. 612-5 du code de commerce (rapport spécial des conventions règlementées) ;
- Elles font l’objet d’une attestation établie par le CAC des organismes ou, lorsque ceux-ci n’en disposent pas, par un EC, attestant du montant des opérations de trésorerie et du respect des dispositions qui les régissent ;
- Elles sont consenties à un taux qui ne peut excéder le taux moyen de rendement des obligations des sociétés privées.
- La liste, les conditions et le montant de ces opérations de trésorerie sont retracés dans le rapport de gestion ou d’activité de l’organisme pivot et, le cas échéant, dans l’annexe de ses comptes annuels.
- L’attestation susmentionnée est annexée au rapport de gestion ou d’activité des organismes.
Déclaration des bénéficiaires effectifs – où en est-on ?
La déclaration des bénéficiaires effectifs concernait jusqu’il y a peu les sociétés commerciales et seulement certaines associations inscrites au registre du commerce et des sociétés du fait de l’exercice d’une activité économique. Depuis 2020, les autres associations loi 1901, les fondations reconnues d’utilité publique et les fonds de dotation avaient toutefois l’obligation d’identifier les bénéficiaires effectifs et de tenir ces informations à disposition.
Depuis la loi « DDADUE » entrée en vigueur le 24 avril 2024, loi visant à une mise en conformité avec les règles européennes et à lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, l’ensemble des associations loi 1901, fondations reconnues d’utilité publique et fonds de dotation doivent désormais s’acquitter de cette formalité. L’objectif est d’identifier les personnes qui exercent un contrôle réel sur ces entités et de rendre ces informations disponibles. Elle vise également à renforcer la confiance auprès de structures qui bénéficient de financement public ou qui reçoivent des dons de la part du public.
La déclaration ne se fait pas exactement de la même manière pour chaque type de structure mais une convergence est prévue via le système d’information des Associations et Fondations (SIAF), créé et géré par le ministère de l’Intérieur. Ce dernier a ouvert progressivement en 2025. Il permet par ailleurs de réaliser en ligne plus de 31 formalités juridiques totalement dématérialisées et gratuites, dont la création, la modification, la dissolution, la liste des représentants légaux, le dépôt des comptes et…. le Registre des Bénéficiaires Effectifs….
Ouvert pour les fondations reconnues d’utilité publique depuis le 15-12-2024, il a été ouvert aux fonds de dotation en février 2025. Pour les associations, l’ouverture était prévue en fin d’année 2025…. Elle devrait donc être imminente…. Ce service en ligne est rattaché au site général www.demarches-simplifiees.fr.
Il intègre les services suivants :
- Une messagerie intégrée
- Une bibliothèque des documents
- Le registre national
- La transmission automatique au JO pour les publications
S’agissant du registre des bénéficiaires effectifs (RBE) pour les entités concernées, les déclarations concernent :
- Toute personne désignée dans les statuts ayant un pouvoir de décision prépondérant, notamment celle qui ont le pouvoir de nommer ou révoquer la majorité des membres des organes de direction via des influences externes (financement etc…)
- Tous les dirigeants mandataires ou salariés dès lors qu’ils disposent de pouvoirs décisifs. Cela revient à déclarer toutes les personnes en charge de l’administration, la surveillance et la direction :
- tous les administrateurs / membres d’un conseil de surveillance, même s’ils sont nombreux.
- et s’agissant des directeurs, les directeurs du siège et non des établissements.
La mise à jour est obligatoire à chaque modification.
A notre sens, en l’état de notre connaissance des textes, cette obligation nouvelle risque de s’avérer chronophage et mal comprise pour les structures qui comprennent beaucoup de personnes concernées. Reste à voir si des mesures d’assouplissement seront envisagées. A noter que les sanctions pour défaut de déclaration des bénéficiaires effectifs ne sont pas applicables selon le Ministère tant que les briques du site internet ne sont pas livrées.